US Souvenirs

By 15 décembre 2015Non classé

« J’aimerais commander autre chose… ». Ou les souvenirs d’un moment passé à la terrasse d’un bar dans le Montana, US.

La serveuse esquisse un sourire qui peu à peu s’éclaire un peu plus dans le ballet de son plateau qui vole entre les clients. Avec grâce, elle récupère les tasses et verres vides, avant de se diriger vers la table d’à côté. Ce n’est qu’au moment où elle traverse la pièce qu’une grande pièce colorée se découvre alors à la vue de tout le monde. Donnant ainsi ses lettres de noblesse à ce qu’on appelle l’art corporel…

Cherryl a fait le choix d’être tatouée, et le montre. En fait, la jeune mère, femme et artiste est en voie de recouvrir son corps entièrement de tatouages. Pour elle, le tatouage ​​reflète un amour de l’art, ils sont tellement beaux sur elle et on devine que beaucoup d’autres encore complètent son look.

Un Art ancien

Le tatouage n’est pas nouveau. Des restes momifiés d’Otzi (Iceman), qui vivait aux alentours de 3300 avant J.C., montrent que l’homme avait 57 tatouages. Les chercheurs estiment qu’ils ont été appliqués pour aider à soulager ses douleurs articulaires. Des tatouages ​​ont également été trouvés sur les momies de l’Égypte ancienne et en Chine (datant de 1200 avant J.C.).

tatouage-maori-épaule-et-dos-femme-nue-sexyVers le milieu du 20e siècle, les tatouages ​​étaient surtout portés par des soldats et des hommes de la classe ouvrière. Mais avec le mouvement de contre-culture des années 1960, les tatouages ​​ont commencé à émerger comme des symboles d’identité importants pour des sous-cultures américaines, en particulier sur la côte Ouest. Ce symbolisme a été les prémices de ce qui allait être la «renaissance du tatouage, » où les tatouages ​​sont apparus dans les milieux plus ordinaires comme une expression emblématique de la culture populaire.

Historiquement et culturellement, les tatouages ​​sont très divers. Ils peuvent signifier des cotés de rituels, reflètent un état d’esprit (ponctuel ou plus profond), pour certains, ils fournissent une protection, et pour d’autres, ces tatouages sont purement décoratifs.

Aujourd’hui, les tatouages ​​sont devenus presque omniprésents. Pourtant, les raisons qui poussent une personne à choisir cet art coloré, apposé de manière permanente sur son corps, sont aussi uniques que l’individu.

Superficiel ?

Selon David « Little Vinnie » McAuliffe , un artiste tatoueur américain, le tatouage est à la pointe de la culture populaire, comme une forme d’art légitime effectué par des artisans hautement qualifiés.

« Les tatouages ​​ne sont plus synonymes de drogués, de voleurs, et ne nécessitent pas de faire de la prison » selon McAuliffe, formé par Deacon Raty, le plus chevronné (et ancien) tatoueur du Montana.

« Un tatouage emmène à un second, et beaucoup de gens confessent qu’ils ne peuvent pas s’arrêter à un seul», dit Josh Degele, un artiste autodidacte qui travaille avec David. Selon lui, les médias sociaux, Internet et le goût grandissant de tous pour la sphère « célébrités » contribuent largement à ce que des gens de tous âges, à n’importe quelle étape de leur vie, franchissent le pas du tatouage.

Se faire tatouer peut être physiquement douloureux, mais comme d’autres petits bobos passagers, la douleur est vite oubliée. McAuliffe attribue la popularité et l’ouverture de cette forme d’art aux images qui passent par les films, la télévision par câble et les personnes désireuses d’exprimer leur individualité. En quelque sorte, un beau tatouage sur un sportif rend l’idée attrayante et moins stigmatisante. Entre autres : Cher, Angelina Jolie et Adam Levine.

Un Art qui évolue

Les people s’affichant avec leurs tatouages ont contribué à ce que la profession de tatoueur passe du statut de suspect à un statut hautement considéré.

Lorsque McAuliffe a commencé sa carrière, il y a 20 ans, il ne pouvait pas dire aux gens ce qu’il faisait dans sa vie, de peur qu’il ne soit jugé comme un «homme de mauvaise vie » Aujourd’hui, il possède son propre studio et revendique fièrement sa profession. Le résultat de cette mutation des moeurs : le délai moyen pour un rendez-vous avec Degele ou McAuliffe est maintenant de deux à trois mois.

Cet art et la manière de l’exercer sont également en perpétuelle évolution, grâce, entre autres, à la technologie. Des aiguilles de différentes tailles et le développement des machines appliquant des couleurs de plus en plus variées ont contribué à l’innovation et au développement. De plus, aujourd’hui, les gens considèrent que le tatouage est devenu médicalement sûr. Dans le Montana, comme en France, l’industrie est réglementée. Chaque établissement est inspecté annuellement par le ministère de la Santé, qui veille au respect de normes sanitaires plus poussées, et veille également au respect des procédures de manipulation des agents pathogènes à diffusion hématogène.

tatouage-bras-7Il faut savoir qu’il existe encore des pays où la règlementation n’existe quasiment pas. Et cela n’est pas sans poser quelques problèmes et quelques méfiances… Il est ainsi interdit aux personnes tatouées dans le Wyoming de donner leur sang dans le Montana. La législation du Montana exige également que les personnes qui se font tatouer doivent avoir au minimum 16 ans et doivent être accompagnées par un adulte du même nom s’ils veulent se faire tatouer.

Plus de stigmatisation

Malgré la diminution de la stigmatisation sociale entourant les tatouages, des poches de résistance existent encore. Certaines chaînes de restaurant, par exemple, refusent d’embaucher des candidats avec des tatouages ​​visibles. Ces exigences strictes peuvent rebuter beaucoup de jeunes chômeurs de 18 à 35 ans, et réduisent ainsi considérablement la main-d’œuvre disponible.

« Si ces entreprises ne recrutent pas les gens tatoués, ils ne pourront pas avoir d’employés », dit Cherryl. « Les tatouages ​​peuvent amener les gens à une discrimination au même titre que certains avec la race, le sexe ou même l’obésité. »

En arborant ses nombreux tatouages, Cherryl attend des gens qu’ils soient curieux, et elle accepte volontiers leur intérêt pour son art et avec quel sourire 😉 En fait, ce « type d’art encré est devenu tellement mainstream», lâche Cherryl avec douceur, parce que ce n’est plus du tout underground, et je ne suis « plus aussi unique. »

Cette intégration d’un art ancien ne surprend pas Josh Degele. Il voit une population de tous âges dans son shop. Récemment, deux sœurs de 83 et 85 ans sont venues ensemble pour obtenir leur première pièce. L’une d’elles, mariée depuis 66 ans, a dit qu’elle ne se souciait pas de savoir si son mari est d’accord ou non. « Après tout ce temps, si cela devait être la goutte qui fait déborder le vase, et bien… qu’il en soit ainsi ». Eh oui, tout s’en va mon pauvre monsieur 🙂

Tatouages – Symboles sacrés

Il y existe différentes pratiques de tatouage. Ainsi (et parce que je voulais absolument aborder le sujet), les femmes qui ont subi une mastectomie optent parfois pour un tatouage qui couvre et embellit leurs cicatrices. D’autres peuvent choisir d’avoir les mamelons tatoués dans le cadre d’une reconstruction mammaire.

Après son dernier traitement de chimiothérapie et de reconstruction, une jeune patiente a déclaré, « Je veux juste franchir le pas pour ressembler à tout le monde, je veux pouvoir changer de vêtements dans la salle de gym, ou auprès de mon casier après mon cours. »

sarko tattoo

Il existe aussi les tatouages cosmétiques qui sont « timesavers » comme on dit aux States. Une pratique plutôt… pratique pour celles qui ne veulent pas céder à la routine quotidienne du maquillage. Étanche, permanent, dynamique, il y a des tatouages ​​pour les lèvres, les sourcils et des eye-liners. (Bon c’est vrai qu’il faut être certaine de vouloir garder les mêmes couleurs tous les jours).

Certaines personnes utilisent les tatouages comme ​​pour créer une fresque chronologique et visuelle de qui ils sont, ou de ce qu’ils ont été ou encore où ils vont dans leur vie. D’autres les utilisent pour commémorer une perte, pour afficher son coté rebelle, pour le coté créatif, ou encore pour montrer ses convictions…

Avec le corps comme toile vierge, le tatouage ​​permet aux individus ivres de liberté de s’exprimer d’une manière très personnelle, publique et permanente.

Le tout est de bien prendre conscience du pourquoi on veut se faire tatouer, et bien comprendre qu’il s’agit là d’un engagement, pour éviter d’avoir à regretter sa décision plus tard…

Crédits photos : http://www.tattooers.net – http://www.culture-tatouage.com/ – http://tatouage3d.com/

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