Le design pour un autre regard sur le handicap

By 4 mars 2016La convention

Quand on parle de prothèse, on peut encore penser à des appareillages compliqués, quand ce n’est pas l’idée encore parfois traversée de la fameuse « jambe de bois » qu’on a tous à l’esprit (un peu dans l’esprit de l’univers de Jack Sparrow »). Pourtant…

C’était sans compter sur une idée révolutionnaire. Celle de Simon Colin. Encore étudiant en orthoprothésie à Bruxelles, il considérait les prothèses comme étant une copie plutôt glauque des membres. Ce n’est certainement pas sans avoir une arrière pensée qu’il a rédigé alors son mémoire de fin d’étude sur la façon de donner du « fun » à ces prothèses. Il décide de se tourner vers ses amis graphistes, tatoueurs et designers à Lille et créé le collectif « Custoprothetik » qui remporte un franc succès auprès du jury. Un succès qui va motiver le développement de son idée, alors même qu’il commence à travailler au centre de traumatologie et de rééducation de Bruxelles. Peu à peu, son projet s’affine.

YannBar_CUSTORPROTHETIK_BRAS-DE-FERAu-delà de l’aspect purement esthétique, une prothèse « customisée » est aussi une manière d’afficher son identité. Comme beaucoup aiment à se faire tatouer, certains ont une démarche toute personnelle de choisir tel ou tel motif, qu’il soit esthétique, philosophique ou encore spirituel. Drôle de paradoxe qui nait. Celui du membre manquant qui devient… un prolongement de soi, de qui on est, ce qu’on est. La prothèse qui pouvait être un frein, quelque chose qu’on dissimule parfois devient alors un étendard qui permet de dire aux autres « je suis, moi aussi »… et autre chose qu’une personne handicapée.

Si la route vers le succès est toute tracée, il n’en demeure pas moins qu’elle peut être longue, et fastidieuse. La place de la créativité doit encore céder un peu de son espace aux batailles parfois rudes contre les idées reçues. Comme il aime à le dire « on montre qu’on ne s’arrête pas de vivre parce qu’on est handicapé ». Et c’est bien le message qui passe.
Ses créations, il les fait vivre au travers de prothèses de tout genre. Celles qu’on garde toujours, ou celles qui sont plus éphémères. Des créations qui sont souvent issues d’une concertation avec celui ou celle qui les commandent et les designers qui travaillent avec lui. Parmi ses clients, il compte Arnaud Assoumani, médaillé d’argent en saut en longueur aux jeux paralympiques… Signe que les champions et les personnes exceptionnelles sont toujours appelées à se rencontrer 🙂

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Aujourd’hui, U-Exist est une société pérenne. Elle se développe peu à peu. Et c’est toujours un immense plaisir de la retrouver durant nos conventions. N’hésitez donc pas à venir faire un tour sur le stand de U-Exist, à échanger avec Simon et Amandine Labbe !

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